Hypnose Agnès Monamy

Thérapeute holistique et énergéticienne

REVENIR À SOI APRES LES ABUS

Un jour, quelque chose s’est imposé à moi, comme une urgence. J’ai eu le sentiment qu’il fallait que j’écrive pour témoigner de ce qui m’était arrivé et de ce qu’avaient vécu d’autres femmes, du moins de ce qu’elles m’en avaient confié.

Après une longue carrière à l’hôpital où j’ai été infirmière, puéricultrice, puis cadre de santé puéricultrice de 1983 à 2022, et après de nouvelles formations et compétences, je suis devenue thérapeute. C’est ainsi que j’ai rencontré des milliers de familles. Aujourd’hui, je témoigne et rends hommage aux femmes qui, comme moi, ont un jour croisé le chemin d’hommes sans scrupule, prêts à piétiner leur âme de petite fille, de jeune fille, de jeune femme, en abusant de leurs corps.

Mon chemin est ainsi fait : de rencontres, de paroles, de confidences, de soins et de relations d’aide. Je n’ai pas eu à favoriser ces rencontres, elles se sont faites et elles se font encore.

Formée pour accueillir la parole et accompagner les personnes à certains moments de leur vie, j’apporte ici mon témoignage et mon point de vue de thérapeute, de femme, mais aussi d’enfant abusée que j’ai été. Des femmes sont venues à moi, victimes de viols, d’agressions et d’abus sexuels, et je me suis appliquée à leur apporter une aide.

Entre mes propres blessures et ma volonté de vivre et d’aimer, et entre les morceaux de vies dévastées qui me sont donné d’écouter, j’ai tracé mon chemin. Nul doute, aujourd’hui, que mon chemin aurait été différent si j’avais été moi-même épargnée par ces monstruosités.

J’écris sur des abus sexuels et je partage mon témoignage non pas pour dire une énième fois ce que tout le monde sait ou croit savoir, mais pour redonner de la dignité aux femmes qui les ont subis et pour apporter une once d’espoir à celles qui combattent leurs démons.

Est-il possible de se mettre en paix avec soi-même, avec les autres ?

Est-il possible de se libérer ?

La libération de la parole, aussi tardive soit-elle, et l’accompagnement en thérapie peuvent redonner sens à une vie.

De mes diverses expériences, je prends le temps de décrire ce qui peut se vivre et se dénouer lors d’une séance en thérapie. J’analyse et mets en évidence les mécanismes en jeu, pour moi-même lorsqu’il s’agit de mon histoire, et pour les femmes qui me consultent. Chaque histoire s’inscrit dans une époque donnée et il m’a semblé important d’en resituer les différents contextes sociologiques et juridiques.

Le moment est donc venu d’ouvrir la porte aux souvenirs douloureux, mais aussi à l’espoir et la confiance en la vie…

Retrouvez mon livre, en librairie, sur Amazon, à la fnac, sur vos plateformes habituelles ou en m’envoyant un message, je pourrai vous en envoyer un exemplaire. Il est disponible au prix de 18,50 € plus les fais d’envoi.

JE VOUS PARTAGE UN EXTRAIT DE MON LIVRE : Le chapitre 1 La sirène

la sirène

J’ai quatre ans, nous sommes jeudi, le jour de repos des enfants dans les années 60. Je suis avec ma maman, nous habitons la caserne des pompiers avec mes trois frères et mon papa qui est pompier volontaire.

Dans cette caserne, il y a un homme que mon père apprécie. Cet homme est plus gradé que mon père. Sa seule présence fait naître le respect.

Ce jour-là, ma mère l’autorise à me faire découvrir les camions rouges. Elle me confie à lui en toute confiance.

Quel enfant n’a jamais été fasciné par ces camions sauveurs ?

L’approche est douce, les paroles sont rassurantes. Il m’emmène dans cet immense garage à l’abri des regards.

Je ne peux pas me souvenir des mots qu’il me susurre à l’oreille, mais je me rappelle ma curiosité mêlée de joie.

Il ouvre la porte d’un haut camion, me dépose et m’allonge sur le siège avant sous le volant. Je vois nettement cette banquette noire, cette banquette d’un seul tenant occupant tout l’avant du camion, en cuir noir avec les surpiqûres.

Il relève ma robe, me retire ma petite culotte, écarte mes cuisses et commence à me lécher. Il lèche longtemps, longuement, mon sexe d’enfant. Je suis immobile, incapable de bouger. J’attends que ce soit fini, je suis sage, extrêmement sage.

Je me retrouve dans ses bras, ma culotte remise, ma robe réajustée à l’entrée du garage devant un bouton-poussoir de couleur rouge.

Ce bouton, c’est le Graal. Il va être précisément midi, l’heure de faire résonner dans toute la ville la sirène hurlante des pompiers. J’ai le privilège d’appuyer sur le bouton. Je suis récompensée d’avoir été sage.

Une autre fois, même visite, même heure. Je ne vais pas dans un camion, je suis dans le garage près de l’entrée, dans ses bras. Il enfonce sa langue longue, musclée, dans ma bouche d’enfant, et la tourne autour de la mienne. J’ai encore, à ce jour, le goût de la salive de cet homme, mêlée de tabac froid, et j’éprouve un haut-le-cœur quand j’y pense.

Il retire sa langue et me demande si j’aime ça, ou si je préfère comme la dernière fois. Sans un mot, je montre mon sexe d’un mouvement de main.

J’ai à nouveau l’honneur et le privilège d’appuyer sur le bouton de la sirène. Il est midi.

La sirène retentit. Son cri strident pour alerter en cas de danger n’alertera personne. Mon corps, ma féminité, mon esprit, mon âme sont marqués. Les secours n’arriveront pas.

Je devrai me sauver seule, plus tard, beaucoup plus tard.